juin 2008
Vidéo
- Lucas Belvaux, leçon de cinéma
- Patric Jean, d'un mur l'autre
- Remise du prix des lycéen 2008
- Nabil Ben Yadir, les Barons en tournage
- Anne Lévy-Morelle, Manneken Pis l'enfant qui pleut
- Carmen Castillo, Rue Santa Fe
- Christian Mesnil, La Question royale
- Les belges à Cannes 2008
- Jaco Van Dormael, Mr nobody
Entrevue
- Guy Jungblut de Yellow Now
- Johan van der Keuken, par Serge Meurant
- Jaco Van Dormael, just Nobody
- Bouli Lanners, El Dorado
- Jean-Christophe Berjon, délégué général de la Semaine Internationale de la Critique
- Anne Lévy-Morelle, cinéaste de Manneken Pis, l'enfant qui pleut.
- Olivier Père, délégué général de la Quinzaine des Réalisateurs
- Carmen Castillo pour Rue Santa Fe
- Patric Jean, D'un mur l'autre
- Maxime Pistorio à propos de Cocktail Mazel Tov!
- Nabil Ben Yadir pour Les Barons
Critique
- Incellar de Laurie Colson
- Rue Santa Fe de Carmen Castillo
- Eldorado de Bouli Lanners, face A
- Le Prince de ce monde de Manu Gomez
- Eldorado de Bouli Lanners, face G
- JCVD de Mabrouk El Mechri
Sortie DVD
- Paix sur les champs de Jacques Boigelot - Belfilm
- Grand soir et petit matin (Mai 68 à Paris)
- Control X de Bernard Declercq et Thomas François
- Nuit noire d’Olivier Smolders
- De l'autre côté de Fatih Akin
- La Question royale de Christian Mesnil
- Exit 7 d'Emile Degelin - Belfilm
Evénements
Publication
- Le magicien d’Ostende Engagement – défi – Reconnaissance de Johann Swinnen et Luc Deneulin
- Les vingt-neuf marches du cinéma
- Mission to De Palma
- Pourquoi le cinéma européen échoue-t-il ? de Frédéric Sojcher
Tournage
Manneken Pis: l'enfant qui pleut
Anne Lévy-Morelle
-
Vidéo
Anne Lévy-Morelle, Manneken Pis -
Vidéo
Cinéma cinéastes - Anne Lévy-Morelle -
Entrevue
Anne Lévy-Morelle, Sur la pointe du coeur -
Entrevue
Anne Lévy-Morelle -
Critique
Sur la pointe du coeur de Anne Lévy-Morelle -
Critique
Le Rêve de Gabriel de Anne Lévy-Morelle -
Sortie DVD
Manneken Pis d'Anne Lévi-Morelle
Anne Lévy-Morelle, cinéaste de Manneken Pis, l'enfant qui pleut.
(voir le film)
Recherche de l'âme de Bruxelles dans les dédales de son histoire
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Anne Lévy-Morelle, cinéaste du réel, aventureuse et poétique, habituée à présenter ses films sur grand écran, vient de terminer Manneken Pis : l'enfant qui pleut. Devant ce film qui triture et malaxe, à la manière du stoemp, faits historiques et anecdotes fictives, nous avons demandé à la réalisatrice son aide pour démêler l'écheveau.
Rencontre avec une conteuse. |
Anne Lévy-Morelle : Au moment où on a dû classifier mon premier film, Le Rêve de Gabriel, je n'avais pas envie d'utiliser le mot documentaire, non pas que je n'aime pas le documentaire, au contraire, j'adore ça, mais c'est un mot qui, dès qu'on sort de la profession, pose problème, parce que les gens s'attendent à être documentés, d'une manière scolaire et parfois ennuyeuse ! Sur l'affiche du Rêve de Gabriel, nous avons écrit « une histoire épique et vraie ». J'aimais bien la balance entre ces deux mots. Il y a la notion de documentaire de création, de cinéma du réel, mais aussi un certain nombre de choses en plus, et notamment, le «souffle épique», où l'on retrouve cette dimension de collectivité. Pour Manneken Pis, j'ai voulu donner cette couleur, cette construction narrative. C'est la raison pour laquelle j'ai rencontré beaucoup de monde, ce qui m'a permis de traiter d'un même sujet, le Manneken Pis, au travers de plusieurs personnes, mais comme s'il s'agissait d'une seule à multiples voix et visages. Sans pour cela tomber dans l'instrumentalisation, et c'est là que cela devient un défi cinématographique, que c'est un casse-tête et donc que cela m'amuse.
J'ai voulu faire un film très composé dans sa dramaturgie tout en gardant l'authenticité des propos des intervenants. Je n'ai pas écrit ce qu'ils disent.
J'ai une fascination pour les tableaux de Bruegel où il n'y pas un personnage principal, mais où c'est l'ensemble du tableau, composé d'une multitude d'individualités, qui est le personnage principal.
Cinergie : Est-ce qu'on s'approche ainsi plus de la fiction ?A. L.-M.:
Oui et non. C'est un mot que je récuse, dans la mesure où ce sont les protagonistes qui décident de ce qu'ils font ou de ce qu'ils disent, et comment ils jouent avec la statuette du Manneken Pis.
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Mon but, c'est d'emporter les gens dans un torrent narratif, pas de les documenter. Bien que moi, je doive me documenter et rencontrer beaucoup de personnes. Pour ce film, j'ai imaginé un dispositif d'interview pour ne pas avoir les images du spécialiste devant sa bibliothèque. Nous avons demandé un moule de l'authentique sculpture de Jérôme Duquesnoy, créé par l'atelier de moulage du Cinquantenaire, et nous l'avons placé dans les mains des interviewés. Chacun a fait ce qu'il voulait, et puis, Manneken Pis c'est comme une poupée, quenous n'avons pas l'habitude de voir de si près, et qui induit un rapport ludique.
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Cinergie : Peut-on dire que Manneken Pis est un double symbolique de la ville ?
A. L.-M. : Ça me plaît de le penser ! Il fait partie de cette espèce d'anti-chauvinisme affiché que nous avons à Bruxelles. Un gamin qui pisse, c'est pas très sérieux pour symboliser une ville, et pourtant ! Quand il vient à disparaître, on le remplace tout de suite !


La Grand-Place, c'est comme Manneken Pis. On peut croire que c'est uniquement un lieu touristique, mais il n'empêche qu'on va regarder les matchs de tennis entre Kim et Justine sur la Grand-Place, que c'est là que beaucoup de gens vont s'embrasser à minuit au Nouvel An.
Qui sait ce que deviendra la Belgique, mais ce sera peut-être le dernier endroit où on se sentira vraiment Belge ! Ce qui est intéressant avec la Grand-Place, c'est qu'elle a l'air homogène, mais qu'elle ne l'est pas du tout; il y a un mélange de gothique flamboyant, de néo-gothique du XIXème, de baroque, de classique, ... et pourtant, ça a l'air d'être homogène ! Plus Belge que ça, tu meurs ! Sans oublier qu'elle a été détruite et reconstruite en deux ans seulement, même si les commanditaires n'étaient pas d'accord entre eux. En allant voir de plus près, on s'aperçoit que s'il avait plu, le bombardement n'aurait pas eu lieu, et on verrait une autre Grand-Place aujourd'hui.
C. : As-tu fait un film politique ?
A. L.-M. : Je ne l'ai pas du tout imaginé comme tel. Mais ce que je voulais montrer, c'est que Bruxelles a toujours été un lieu de rencontres de plusieurs cultures. À Bruxelles, on a toujours parlé plusieurs langues, et ça, je trouve que c'est un univers intéressant. Moi, j'y tiens à cette Belgitude-là. Et si ça, c'est politique, alors oui, je revendique d'avoir fait un film politique. Je n'aime pas le concept nationaliste et j'espère avoir tout fait pour qu'on ne puisse pas comprendre ce film ainsi.
Je crois que c'est dû à notre culture, on ne peut pas dire qu'on est fier sans être immédiatement catalogué « dikkeneke ». On peut être fier de cette modestie-là. C'est tout le paradoxe de la chose, et j'adore cela !
Propos recueillis par Dimitra Bouras et Philippe Simon, filmés par Antoine Lanckmans, avec l'aide du CBA et de la Cinémathèque de la Communauté française.



