Webzine
Avril 2012
 

Dans les nuages de Chantal Akerman

Lors de la sortie en France et en Belgique de la Folie Almayer, Chantal Akerman nous a offert un entretien à Bruxelles. La journée de presse se passe dans un hôtel. L'endroit interdit aux clients de fumer. Nous sortons. Chantal sort une cigarette et l'allume. On prend un taxi, on va ailleurs.

Akerman sur le tournage de Saute ma villeLors de la sortie en France et en Belgique de la Folie Almayer, Chantal Akerman nous a offert un entretien à Bruxelles. La journée de presse se passe dans un hôtel. L'endroit interdit aux clients de fumer. Nous sortons. Chantal sort une cigarette et l'allume. On prend un taxi, on va ailleurs. L'équipe de Cinergie monte dans la voiture ; Chantal à côté du conducteur, Marie et Lucie, les camerawomen derrière avec moi. Elle respire, sourit, son oeil s'allume – pas de fumée sans feu – elle se tourne vers nous. « On parle de quoi ? »... « Du cinéma ! » On a l'impression de vivre une embardée dans le temps et hors du temps, dans la circulation au trafic fluide. Une sorte de parcours ambulant, nomade, comme Chantal les aime tant.

Elle nous fait grimper dans un appartement via une cuisine qui ressemble à s'y méprendre à l'endroit où elle a tourné Saute ma ville, en 1968, son premier film muet, et pour le coup, on comprend pourquoi elle explosait dans cet espace fermé. La lumière passe par la vitre de la porte d'entrée, en face de celle diffusée par une fenêtre.

Tandis que Marie et Lucie mettent leurs caméras HD en place, je lui montre et lui offre des photos de tournage des films qu'elle a tournés à Bruxelles : Chantal en mouvement devant et derrière la caméra sur les instantanés. Elle penche la tête, hésite dans ses choix. Celle-ci ok. Un éclair brille dans ses yeux. Elle hésite, ferme les yeux, celle-là non. Un ton rêveur. On y va ? Une petite grimace de concentration. Elle écrase sa clope.

La conversation va être un dialogue de quelque 50 minutes. Une chemise bleue, un verre d'eau du robinet (le frigo est vide) posé sur la table, et son regard lumineux sur la magie du cinéma, le sien et celui des autres. Nous démarrons et terminons sur la Folie Almayer et, au milieu, nous parlons du cinéma de John Ford.

Nous vous avons déjà offert 6 petites minutes. Cette fois, nous sortons une version plus détaillée de 16 minutes, notamment sur l'avant-dernière séquence – magique, disons-le – de La Folie Almayer et le communisme primitif dans Les Raisins de la colère de John Ford. La version écrite se trouve dans son intégralité dans le numéro 169 de notre webzine.

Autres Cinéma cinéastes :

Ursula Meier

Joachim Lafosse

Anne Lévy-Morelle

Jaco Van Dormael

Olivier Smolders

Frédéric Fonteyne

Manuel Poutte

Patrick Ferryn

 

Jean-Michel Vlaeminckx
commentaires propulsé par Disqus