janvier 2009
Editorial
Vidéo
- Anne Lévy-Morelle, Manneken Pis
- Oscar et la dame rose, Eric-Emmanuel Schmitt
- Thierry Colby, portraitiste
- Yannick Renier dans Elève libre
- Cinéma cinéastes - Joaquim Lafosse
Entrevue
- Joachim Lafosse pour Elève libre
- Thierry Colby, portraitiste d'artistes
- Delépine et Kervern, réalisateurs de Louise-Michel
- Damien Chemin
Critique
- Les Damnés de la mer de Jawad Rhalid
- Elève libre de Joachim Lafosse
- 26.4 de Nathalie André
- Louise-Michel, de Delépine et Kervern
Sortie DVD
- Manneken Pis d'Anne Lévi-Morelle
- Cinematek : Met onze jongens aan den Ijzer de Clemens De Landtsheer.
- Le Bannissement d’Andreï Zviaguintsev
- Clara Sheller
- De Beaux lendemains d’Atom Egoyan
- Le Pianiste, de Roman Polanski
- Tesis d’Alejandro Amenabar
- DVD-Coup de cœur
- Le Mariage de Mlle Beulemans de Michel Rochat
- Golden Ophélia de Marcel Martin - Belfilm
Publication
- Myope ou presbyte ? (Positif 575)
- Abbas Kiarostami, le cinéma à l’épreuve du réel
- La direction d’acteur, carnation-incarnation, coordonné par Frédéric Sojcher
- Bazin en Asie
- Dictionnaire du cinéma asiatique
Tournage
Bouli Lanners
-
Vidéo
Bouli Lanners - Ultranova -
Vidéo
Bouli Lanners, Eldorado -
Vidéo
Sur le tournage des Géants de Bouli Lanners -
Vidéo
Les Géants, rencontre avec Bouli Lanners -
Entrevue
Bouli Lanners à propos de Ultranova -
Entrevue
Bouli Lanners -
Entrevue
Bouli Lanners -
Entrevue
Bouli Lanners et Serge Larivière, duo dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster -
Entrevue
Bouli Lanners, El Dorado -
Entrevue
Les Géants de Bouli Lanners -
Critique
On the Road again de Benoît Mariage -
Critique
Ultranova de Bouli Lanners -
Critique
Muno de Bouli Lanners -
Critique
Travellinckx de Bouli Lanners -
Critique
Eldorado de Bouli Lanners, face A -
Critique
Eldorado de Bouli Lanners, face G -
Critique
Louise-Michel, de Delépine et Kervern -
Critique
Les Géants de Bouli Lanners -
Sortie DVD
Les Géants de Bouli Lanners -
Sortie DVD
Ultranova de Bouli Lanners -
Sortie DVD
Eldorado de Bouli Lanners -
Article
Sur le plateau de l'émission de l'Envers de l'écran. -
Article
Ultranova (ex - Zoning-Lonesome cowboys) -
Article
Eldorado de Bouli Lanners
Yolande Moreau
-
Vidéo
Yolande Moreau -
Vidéo
Martin Provost et Yolande Moreau - Où va la nuit? -
Entrevue
Yolande Moreau -
Entrevue
Martin Provost et Yolande Moreau - Où va la nuit? -
Critique
Quand la mer monte de Yolande Moreau et Gilles Porte -
Sortie DVD
Quand la mer monte de Yolande Moreau et Gilles Porte -
Article
Quand la mer monte
Delépine et Kervern, réalisateurs de Louise-Michel
Révoltés contre les injustices
![]() Benoît Delépine |
Rencontre avec un duo de réalisateurs iconoclastes conjuguant avec humour la flamme de l’anarchie et le sang-froid de l’autodérision pour des aventures cinématographiques hors normes. Lunettes noires pour l’un, barbe broussailleuse pour l’autre et tutoiement de rigueur pour les deux : Benoît Delépine et Gustave Kervern désacralisent l’exercice de l’interview, oscillant de l’ironie caustique à l’analyse incisive. Un double langage qu’ils développent toute l’année pour l’émission satirique Groland sur Canal + et qui nourrit leurs œuvres cinématographiques. C. : Quel a été le point de départ de Louise-Michel ? |
C. : Ouvrières victimes des délocalisations, malades au stade terminal, transsexuels, petites gens… Le film est centré sur les laissés pour compte et les minorités sociales.
Gustave Kervern : ils nous émeuvent plus que les patrons ou les bourgeois, ou que les milieux littéraires ou artistiques souvent traités par le cinéma français. Même si nous n’avons jamais été ouvriers, nous sommes révoltés contre les injustices.
C. : Votre récit de vengeance sociale n’hésite pas à passer par le meurtre.
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Benoît Delépine : imaginons un western avec des peones exploités par de grands fermiers qui se réveillent et vont tuer le fermier du village : cela ne choquerait personne. Aujourd’hui, il y a un tel couvercle sur l’hypothèse de la lutte des classes que le fait de buter un patron devient comme si on faisait tomber la statue d’une église. C’est aberrant. Dans le cinéma, il y a toujours eu des films comme ça, sauf maintenant tellement on est tenu en laisse. Benoît Delépine : Elle n’a pas peur d’elle-même, de son physique, d’avoir l’air moche : elle n’a peur de rien. Il n’y a que des gens comme ça qu’on puisse faire travailler sur nos films, pas des acteurs qui passent leur temps à se regarder et à penser à leurs plans de carrière. Et Bouli Lanners qui avait joué dans Avida était lui aussi une évidence. |
![]() Gustave Kervern |
C. : Deux comédiens belges, mais aussi Benoît Poelvoorde dans un petit rôle : est-ce un hasard ?
Benoît Délépine : les Belges n’ont pas peur du ridicule, de parler, de faire preuve de fantaisie. En France, tout le monde a peur de tout.
Gustave Kervern : Les comiques français pensent d’abord à leur compte en banque.
C. : Pourquoi évoquer le personnage historique de Louise Michel ?
Benoît Delépine : Notre ami Noël Godin (auteur de l’Anthologie de la subversion carabinée) nous a initié aux grands anarchistes du passé. Louise Michel, l’une des premières féministes, symbolisait parfaitement notre histoire. Même si elle n’était pas transsexuelle, elle s’habillait en homme sur les barricades et elle a raconté qu’elle s’était déguisée en femme pour tenter d’assassiner Thiers.
C. : Ce film est votre premier en couleurs
Gustave Kervern : Il n’y avait pas de raisons de le faire en noir et blanc comme les précédents. Autant nous avions cherché à faire des beaux cadres sur nos deux premiers films, autant le fond était plus important que la forme pour Louise Michel. Mais nous avons quand même cherché des cadres intéressants parce que nous faisons des plans fixes.
Benoît Delépine : nous n’avons qu’un axe de caméra, donc nous essayons de rendre surprenante l’action qui s’y déroule. Nous préférons la caméra fixe pour des raisons artistiques, mais aussi de production (cela nous permet de tourner vite) et surtout car nous faisons beaucoup travailler des non-professionnels : en obtenir des moments de grâce est déjà génial, mais leur faire refaire sous trois angles différents est impossible.
C. : Trouvez-vous facilement des producteurs ?
Gustave Kervern : nous avons de la chance car nous avons réussi à entrer dans ce fortin qu’est le cinéma français d’abord grâce à un producteur belge (La Parti Production) sans qui n’aurions jamais pu faire Aaltra. Ensuite, nous sommes tombés sur un dingue qui s’appelle Matthieu Kassovitz et qui a accepté de produire notre second et notre troisième film. Mais je ne suis pas sûr que les portes nous soient grandes ouvertes ailleurs.
C. : Dans quel type de cinéma vous reconnaissez-vous ?
Benoît Delépine : dans les films de Dino Risi par exemple avec cet humour noir d’une grande cruauté, mais fondé sur le social. Les défavorisés sont si peu représentés actuellement au cinéma. Pourtant, un des plus grands de tous les temps, Charlie Chaplin, n’a parlé que de ça et c’était là qu’il était le plus intéressant. Aujourd’hui, les réalisateurs que nous préférons sont Aki Kaurismaki ou les frères Coen des débuts avec leurs petits métiers, leurs vendeurs de bagnoles et les côtés minables des “salauds de pauvres”.
Fabien Lemercier
www.cineuropa.org



