juillet-août 2008
Editorial
Vidéo
- Arta Dobroshi, Le Silence de Lorna
- Les frères Dardenne, Le silence de Lorna
- Casting : Fabrizio Rongione, Voix de garage
- Tournage de Get Born de Nicole Palo
- Benoît Mariage, sortie du dvd de Cowboy
- Serge Meurant, ami de Johan Van Der Keuken
Entrevue
- Entretien avec Arta Dobroshi pour Le Silence de Lorna
- Luc et Jean-Pierre Dardenne pour Le Silence de Lorna
- Gerlando Infuso, réalisateur de Margot, Prix du Jury Junior au festival d’Annecy
Critique
- IAD - Kasia, d'Elisabeth Llado
- IAD - Procédure d’éloignement, de Baptiste Janon
- IAD - Les Veuves ne meurent plus, d’Aïcha El Hammar
- IAD - TRIDOC 1: The Laws of Love, de Kullar Viimne
- IAD - TRIDOC 2 : Eat Sweet, Talk Sweet, d'Andrej Ilievski Volkashin
- Sans lendemain de Valérie Liénardy & Antoine Duquesne
- This Sporting Life (Le Prix d'un Homme), de Lindsay Anderson
- IAD - La Vie qui va avec, d'Emmanuel Marre
- INSAS - Pour maman, à lire si je ne me réveille pas…, de Anton Iffland Stettner
- INSAS - Jagdfieber, d'Alessandro Comodin
- INSAS - Tempo da Recolletta, de Felix Blume
- IAD - Monster, de Benoît Legros
- La boîte à tartines, de Floriane Devigne
- Le Silence de Lorna, de Luc et Jean-Pierre Dardenne
Sortie DVD
- Cowboy de Benoît Mariage
- Exiled, de Johnnie To
- My Blueberry Nights, de Wong Kar-wai
- I’m Not There, de Todd Haynes
- Calle Santa Fe, de Carmen Castillo
- De Ordonnans - Café Zonder Bier de William S. Edwards et Charles Frank - Belfilm
- Le Syndicat du Crime 1, 2 & 3, de John Woo & Tsui Hark
- Les Fourmis Rouges de Stephan Carpiaux
Evénements
- Festival d’Annecy : le petit journal
- Cinédécouvertes et l'Age d'Or
- Cinédécouvertes/L'Age d'Or et le Festival de Bruxelles : une collaboration exemplaire
- Le Festival du Film de Bruxelles. Stéthoscope du cinéma européen
Hommage
Publication
- Trafic 65, printemps 2008. L'énigme de l'acteur.
- Feu sur le quartier général ! d’Antoine de Baecque
- Collection Yellow Now : Côté films
Tendance
Tournage
Get Born
Nicole Palo
Get Born de Nicole Palo - Rencontre avec la réalisatrice
Sollicités par les Cinéastes Associés pour relayer leur deuxième appel à scénarii, curieux de la formule proposée, bien connue pour les courts métrages, mais innovatrice dans le domaine de la fiction de longue durée, nous nous invitons sur le tournage de Nicole Palo, lauréate du premier appel à projets lancé en été 2007. Pour cette première édition, un thème était imposé : « Avoir 20 ans »; puits sans fond où toutes sortes d'histoires trouvent leur place : passions, révolutions, incestes, dépressions, etc. Celle sortie du lot n'a rien du mélodrame enivrant, de l'ardeur déchirante ou du fanatisme émouvant, ni même du détachement cynique à la Belmondo dans À bout de souffle. Il est vrai que nous sommes à l'aube du 21ème siècle, et non dans les années psychédéliques dont nous fêtons le quarantième anniversaire !
Le dossier mentionne : « « La vie, ce n’est qu’une décision à prendre : ignorer le vide et s’accrocher. » Grégory, 20 ans, se sent étranger à lui-même jusqu’à ce qu’il tombe amoureux de Liv, 20 ans, mais il n’arrive pas à lui déclarer ses sentiments. Liv vit son premier amour avec un immigré russe plus âgé, qui la quitte soudain sans explications - l’amour finit comme il a commencé, par un coup de foudre. Les passions de Grégory et de Liv se croisent sans jamais se toucher, leurs destins se touchent mais ne se croiseront pas. » Le non-amour comme réponse aux questions existentielles, l'état d'âme estampillé années 2000. N'ayant plus 20 ans depuis longtemps, je pars, un petit sourire en coin, sur le plateau de cette aventure humaine. Nicole Palo, mise sous pression les derniers jours du tournage, préfère nous rendre visite dans nos bureaux, une fois le film en boîte.
De vous à nous.
Contre la pellicule ?
Scénariste ou réalisatrice ?
Comment écrit-on un scénario sur un thème imposé ?
Lorsque j'ai appris l'existence du concours, je me suis replongée dans mes 20 ans. C'est très particulier de passer le cap de la trentaine en revivant ses 20 ans ! Je me suis souvenue de l'indécision, de la recherche de soi, de l'intransigeance dans ses opinions aussi. Dans mon histoire, il y a deux personnages, Grégory, en pleine crise existentielle, amoureux en secret d’une fille qui s’appelle Liv, qui est le personnage de la seconde histoire. Le film a deux trames parallèles, j’ai choisi de parler de deux personnages parce qu'il me semble que ce n'est pas la même chose d'avoir 20 ans pour un garçon ou pour une fille. Grégory reste encore accroché à l'adolescence, il a du mal à passer le cap de l'âge adulte. Il s'agrippe à l'idée de l'amour qu'il a pour cette fille, mais il fait tout pour que cela ne fonctionne pas ! Elle, par contre, elle est amoureuse d’un réfugié russe qui est de 10 ans son aîné. On sent qu’elle a envie d’être une femme et ne plus être considérée comme une adolescente.
Réalisatrice ou chef de meute ?
Lorsque j'ai su que j'allais réaliser ce film, j'ai recontacté l'équipe qui avait travaillé avec moi sur un court, mais ils étaient tous pris ailleurs, sauf la scripte. Une nouvelle équipe s'est formée, de manière organique.
Je ne les connaissais pas avant de commencer le tournage, mais tout s'est très bien passé. L'ingénieur du son n'était pas content parce que nous avions fait nos repérages sans lui. Ça ne ratait pas, il y avait toujours quelque chose qui l'embêtait. C'était devenu une boutade sur le plateau; on faisait un film Nouvelle Vague ! Le scénario a, j’ai l’impression, touché beaucoup de gens, et pas seulement le comité de sélection. Il a touché aussi toute l’équipe, et c’est la raison pour laquelle ils ont tous accepté de travailler dans ces conditions, financières et matérielles : ils ont cru à cette histoire.
J'avoue avoir été très angoissée le 10 janvier 2008 en apprenant que j'avais deux mois pour préparer le tournage. J’étais surexcitée, et je me suis retrouvée dans le même vertige existentiel que mon personnage de 20 ans ! Mais je suis heureuse, maintenant que c'est fini. J'y suis arrivé !
Micro-budget, cadeau empoisonné ?
Mais comme cela s'est bien passé, je peux dire que c'est génial ! Je ne vais pas faire de grandes déclarations sur le micro-budget; c'est un système intelligent, qui offre plein d'opportunités, mais cela ne doit pas devenir la norme.
Le micro-budget doit demeurer un mécanisme de stimulation pour les jeunes réalisateurs et les jeunes équipes prêtes à travailler dans ces conditions. Je ne comprendrais pas qu'un Jaco Van Dormael décide de faire un petit film qui ne coûte presque rien sur le dos de son équipe !
Toute l'industrie du cinéma s’effondrerait !
Dogma ou Rosetta?

Je dois beaucoup à mon chef op', Serge Hannecart. Il a été les épaules du tournage, pas uniquement parce qu’il a porté la caméra, mais parce qu’il était la personne la plus expérimentée du plateau et il a assumé une grosse responsabilité sur le tournage.
Bleu, blanc ou rouge ?
J'aime une image lumineuse et claire. Pour le personnage de Grégory, j'ai choisi des tons froids; dans les blancs et bleus. Pour Liv, qui tombe amoureuse d’un homme qui vit dans une maison communautaire, débordante de vie, j'ai choisi des couleurs plus chatoyantes, dans les rouges.
Avant de commencer, j'ai montré à mon équipe des choses que j'aimais bien, comme le film de Michel Gondry : Eternal Sunshine of the Spotless Mind, qui est mon film de référence. Tout y est filmé à l'épaule, mais c'est très subtil, on voit à peine que cette caméra bouge, et c'est très lumineux, très clair ! J'aime beaucoup ça. Evidemment, la référence relevait d'un tout autre budget ! Tout le défi était là, faire un film qui ne transpire pas les moyens limités. Faire un beau film quand même !
Propos recueillis par Dimitra Bouras et Jean-Michel Vlaeminckx, filmés par Antoine Lanckmans avec l'aide logistique du CBA et de la Cinémathèque de la Communauté française.

